Ne parlez pas, n’écoutez pas. Le mystère du tabou et de la renaissance qui sommeille au plus profond de Yudonosan Jinja, le sanctuaire le plus reculé des Trois Montagnes de Dewa

La préfecture de Yamagata s’enorgueillit des Dewa Sanzan (Mont Haguro, Mont Gassan, Mont Yudono), ses sites sacrés. Parmi eux, un lieu est particulièrement vénéré comme l’Oku-no-in (sanctuaire intérieur) et, depuis l’Antiquité, il est strictement interdit d’en parler ou d’en entendre parler, selon le précepte « Ne parlez pas, n’écoutez pas ». Il s’agit du Yudono-san Jinja.

Cette fois, nous allons explorer la véritable nature de ce domaine sacré enveloppé de mystère et les légendes énigmatiques qui y résident.

Informations pratiques

Lieu : 7 Rokujuri-yama, Tamugimata, Tsuruoka-shi, Préfecture de Yamagata
Période d’ouverture : Du 1er juin à début novembre (fermé en hiver en raison des fortes chutes de neige)
Heures de visite : De 9h00 à 16h00 (peuvent varier selon la saison)
Accès : Environ 40 minutes en voiture depuis l’échangeur Shonai-Asahi. Empruntez la route à péage « Yudono-san Yuryo Doro » (route à péage du Mont Yudono). Depuis le parking, vous rejoindrez le Hon-gu (sanctuaire principal) en bus de pèlerinage ou à pied.

« Ne parlez pas, n’écoutez pas » — L’ordre du silence toujours respecté

Le Yudono-san Jinja a des règles extrêmement spécifiques, introuvables dans d’autres jinja.

Tout d’abord, la photographie est formellement interdite à l’intérieur du Hon-gu. De plus, les visiteurs doivent retirer leurs chaussures à l’entrée et se rendre pieds nus. La caractéristique la plus importante est le précepte « Ne parlez pas, n’écoutez pas », qui interdit de raconter à quiconque ce que l’on a vu ou vécu au sein du Hon-gu.

Pourquoi un tel secret ? C’est parce qu’il s’agit d’un « domaine sacré parmi les domaines sacrés », dépourvu de bâtiment de sanctuaire (shaden) artificiel, et qu’il conserve aujourd’hui la forme originelle du « culte de la nature », où la nature elle-même est vénérée comme un kami.

Le kami surprenant : un jinja sans bâtiment

Le Yudono-san Jinja n’a pas de « Hon-den » (bâtiment principal) à proprement parler. Après avoir reçu l’Oharai (rituel de purification) et gravi le chemin rocheux pieds nus, ce qui apparaît est un gigantesque rocher spirituel (reigan) de couleur brun-roux d’où jaillit de l’eau chaude.

Ce gigantesque rocher lui-même, d’où l’eau chaude jaillit en permanence, est le Go-shintai (le kami). Les visiteurs croient qu’en marchant pieds nus sur ce rocher chaud et en ressentant directement le souffle du kami, leur âme est purifiée.

Le point d’arrivée du « voyage de la renaissance »

Le pèlerinage des Dewa Sanzan est connu depuis l’époque d’Edo comme le « voyage de la renaissance ».

Le Mont Haguro : La montagne où l’on prie pour le bonheur dans le monde actuel (Présent)
Le Mont Gassan : Le monde de l’au-delà, la montagne pour honorer les esprits des ancêtres (Passé)
Le Mont Yudono : La montagne pour recevoir une nouvelle vie et renaître (Futur)

Le Mont Yudono est la terre du « Futur », là où parviennent finalement ceux qui ont achevé leur entraînement pour le passé et le présent. On dit qu’en se déchaussant ici et en recevant directement l’énergie de la terre, on renaît à un nouveau soi.

Mystères et coulisses : Un lien profond avec les Sokushinbutsu

Les environs du Mont Yudono, et particulièrement un lieu appelé « Sennin-zawa », sont un site sacré où les Shugensha (ascètes) effectuaient autrefois des entraînements mettant leur vie en jeu.

Ici, la légende des « Sokushinbutsu », des moines qui sont devenus des bouddhas en préservant leur propre corps, est très présente. La plupart des Sokushinbutsu existant au Japon sont des ascètes de cette lignée du Mont Yudono (école Shingon-shu Daigo-ha). Ils ont effectué un « mokujiki-gyo » (un régime alimentaire à base de produits forestiers) de plus de mille jours, puis sont entrés vivants dans la terre, atteignant le Nyujo (nirvana) tout en priant pour le salut de tous les êtres.

Les célèbres Tetsumonkai Shonin et Shinnyokai Shonin ont également effectué leur entraînement dans la nature rigoureuse de ce Mont Yudono. Aujourd’hui encore, une atmosphère spirituelle (reiki) intense et indescriptible plane autour du Hon-gu.

Oeuvres associées et informations sur les pèlerinages

Ushio to Tora (par Kazuhiro Fujita) : Le temple principal du « Koha Meishu » qui apparaît dans l’oeuvre serait inspiré par l’un des Dewa Sanzan. En particulier, la description du Shakujo (bâton) légendaire doté d’un immense pouvoir et des moines effectuant un entraînement rigoureux reflète fortement l’atmosphère du Shugendo transmis au Mont Yudono.
Yudonosanroku Noroi Mura (par Masao Yamamura) : Ce roman policier, également célèbre en tant que film Kadokawa, a rendu populaire l’expression « Ne parlez pas, n’écoutez pas » du Mont Yudono. C’est une histoire macabre axée sur les Sokushinbutsu et les coutumes d’un village isolé, dont l’arrière-plan est fortement influencé par l’image du Mont Yudono en tant que « site sacré caché ».

Le Yudono-san Jinja n’est pas un simple site touristique. Dès que vous y posez le pied, vous êtes plongé dans un « temps mythique » coupé de la société moderne.

« Que s’y cache-t-il vraiment ? » — Nous vous invitons à trouver la réponse par vous-même, en respectant la règle du silence.

Liens et références associées
[1] https://www.asoblock.net/contents/culture13
[2] https://prtimes.jp/main/html/rd/p/000000592.000085653.html
[3] https://hagurokanko.jp/facilityc1/facilityyudonosan/
[4] https://prtimes.jp/main/html/rd/p/000000434.000085653.html
[5] https://www.driveplaza.com/trip/michinohosomichi/ver102/02.html
[6] https://note.com/yamato_ouken/m/mc91255927f28/hashtag/83034
[7] https://www.cradle-ds.jp/dewa/shokushinbutsu/index.html
[8] https://jp.trip.com/moments/detail/tsuruoka-57257-136875580/
[9] https://yamagatakanko.com/sokushinbutsu
[10] https://yamagatakanko.com/yamagatabi-16
[11] https://www.dainichibou.or.jp/sokushinbutu/
[12] https://japanmystery.com/category/yamagata
[13] http://blog.livedoor.jp/okakousan/archives/1855529.html
[14] https://chindera.com/yamagata-yudono.html

par ando