Informations essentielles
Localisation : 1-1-2 Tenka, Yamaguchi-shi, Préfecture de Yamaguchi
Kami vénérés : Seigneur Mori Takachika (Mōri Takachika) et Seigneur Mori Motonori (Mōri Motonori)
Histoire : Le jinja a été fondé en 1873 (Meiji 6) pour honorer le Seigneur Mori Takachika, seigneur du domaine de Chōshū à la fin de l’époque d’Edo et bâtisseur des fondations de la Restauration de Meiji. Connu comme un jinja d’un très grand prestige, lié à la famille Mori, il se dresse aux côtés du Hōei Jinja adjacent (dédié au Seigneur Mori Motonari).
La vérité sur le « Sōsei Kō » – Indécision ou stratège hors pair ?
Le Seigneur Mori Takachika, le kami principal du Noda Jinja, portait un surnom plutôt particulier : le « Sōsei Kō ». Ce nom lui fut donné car, quelle que fût la proposition de ses vassaux, il répondait toujours « Sōsei » (Fais-le ainsi). Mais derrière cette appellation se cache une histoire bien plus profonde.
À cette époque, le domaine de Chōshū était plongé dans le chaos, déchiré par la confrontation intense entre conservateurs et réformateurs. On dit que la décision de Mori Takachika de toujours approuver par un « Sōsei » était en fait un « acte de patience ultime », visant à ne pas freiner l’élan de jeunes talents tels que Yoshida Shōin et Takasugi Shinsaku, et à leur donner la liberté d’agir. Son attitude, qui consistait à prendre les responsabilités sur lui-même pour maintenir l’unité du domaine, fut en réalité la stratégie cachée qui mena au succès de la Restauration de Meiji.
Le « Nōgakudō qui marche » ? Le mystère stupéfiant d’une relocalisation
Le « Noda Jinja Nōgakudō », qui se dresse dans l’enceinte du sanctuaire, est une scène de Nô de premier ordre à l’échelle nationale, offerte par la famille Mori en 1936 (Shōwa 11). En réalité, ce bâtiment se trouvait autrefois sur le terrain de l’école Noda Gakuen, un peu plus loin de son emplacement actuel.
En 1991, une méthode de construction appelée « hikiya » fut employée pour déplacer cet immense Nōgakudō sans le démolir. La façon dont le bâtiment fut glissé latéralement dans son intégralité jusqu’à son emplacement actuel fit grand bruit à l’époque, les gens disant que « le Nōgakudō marchait ». Aujourd’hui encore, il conserve son magnifique aspect entièrement en cyprès du Japon, et il est désigné comme bien culturel matériel de la ville.
Le plus puissant des « power spots » ? Le grand torii orné des noms de Premiers ministres
En parcourant le chemin d’accès, un imposant torii en pierre attire l’œil. En réalité, si l’on regarde attentivement les noms des donateurs gravés sur ce torii, une vérité surprenante se révèle.
Y sont gravés les noms de dignitaires originaires de Chōshū qui furent Premiers ministres durant les ères Meiji et Taishō, tels que Yamagata Aritomo et Terauchi Masatake. Ce torii, érigé avec leurs fonds personnels par ces hommes qui ont accompli la Restauration, en l’honneur du Seigneur Mori Takachika qu’ils considéraient comme leur « père », peut véritablement être qualifié de « power spot » où l’énergie ayant mené à la modernisation du Japon est condensée.
Cherchez le « cœur » caché ! Un motif porte-bonheur dissimulé dans le haiden
Bien que le Noda Jinja dégage une atmosphère de grandeur historique, en observant attentivement les détails du haiden (pavillon de culte), vous pourrez découvrir un motif qui ressemble étrangement à un « cœur » tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Il s’agit du « Inome », un motif traditionnel japonais ancien, qui a pour signification de repousser les mauvais esprits et de protéger du feu. Tout en ressentant la rudesse de l’histoire de la fin de l’époque d’Edo, découvrir ces charmants détails est aussi l’un des plaisirs de la visite.
Le Hōei Jinja adjacent abrite également une stèle nommée « Hyakuman Isshin », qui transmet l’esprit du célèbre enseignement des « Trois flèches » de Mori Motonari. En visitant les deux sanctuaires, vous pourrez ressentir l’esprit indomptable de la famille Mori, qui s’étend sur plusieurs siècles. Dans l’enceinte paisible, pourquoi ne pas vous imprégner de la sagesse et de la grandeur d’âme du seigneur qui a soutenu les patriotes de la Restauration ?
